L’alpha a besoin de vous !

L’alpha a besoin de vous !


En Belgique, 1 adulte sur 10 a des difficultés pour lire et écrire !

L’alphabétisation s’invite aux élections communales car, cette année, 172 lieux de formation, dont les 5 Centres alpha de Lire et Ecrire Bruxelles, accueilleront environ 8.500 personnes dans des formations d’alphabétisation.
Grâce à ce site de financement participatif, Lire et Ecrire Bruxelles souhaite informer, sensibiliser et solliciter des contributions de la part des bourgmestres, échevins et candidats aux élections communales.
Le secteur de l’alphabétisation a besoin d’être soutenu, renforcé et développé par des actions très concrètes au niveau de chaque commune. Ces actions sont reprises dans les demandes de contributions que nous adressons aux 204 élus communaux et 120 candidats aux élections du 14 octobre 2018.

Alphabétisation : de quoi parle-t-on ?

Il s’agit d’apprendre à parler, lire, écrire, calculer pour... soutenir la scolarité des enfants, trouver du travail ou maintenir son emploi, accéder à d’autres formations, sortir de chez soi, se débrouiller seul, comprendre le monde dans lequel on vit, y prendre une part active, critique et solidaire, ... et participer à la transformation des rapports sociaux, économiques, politiques et culturels. (Charte de Lire et Ecrire, Octobre 2011)

Analphabétisme : quelle définition ?

Selon l’UNESCO, une personne est analphabète si elle ne peut à la fois lire et écrire, en le comprenant, un énoncé simple et bref se rapportant à sa vie quotidienne.
Mais au-delà de cette définition, on est analphabète dans une époque donnée et dans une société donnée. Actuellement, dans nos sociétés modernes, le niveau de compétences en lecture et en écriture, pour mener une vie de citoyen à part entière, n’a jamais été aussi élevé. Par exemple, un simple retrait d’argent au distributeur suppose des actes de lecture et d’écriture couplés à des connaissances en outils numériques…

Qui sont les personnes en alphabétisation ?

Une grande partie des adultes en alphabétisation viennent de pays où la scolarité n’est pas obligatoire, ou peu accessible parce que l’école était trop loin, trop chère, réservée aux garçons, arrêtée pour cause de mariage forcé, suspendue par la guerre… Bien souvent, la culture orale y est restée vivace et le recours à l’écrit moins prédominant que dans notre culture. Ces personnes parlent le plus souvent deux ou trois langues, parfois plus, et l’alphabétisation en français est pour elles une première porte d’entrée dans le monde de l’écrit et vers la culture de la société dans laquelle elles ont immigré.

D’autres sont issues de l’enseignement pourtant obligatoire jusqu’à 18 ans ! En effet, alors que notre système d’enseignement est très performant pour les meilleurs élèves, il ne parvient pas à accompagner les moins nantis dans leur acquisition des savoirs de base. Les études PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) menées par l’OCDE et les Indicateurs de l’enseignement de la Communauté française le démontrent systématiquement : lorsque l’on grandit dans un milieu socioéconomique peu favorisé, les niveaux d’acquis en lecture, mathématiques et sciences sont très largement inférieurs à ceux de la moyenne de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Qu’elles soient d’ici ou d’ailleurs, les personnes analphabètes partagent cette même difficulté de ne pas avoir acquis, lorsqu’elles étaient enfants, les savoirs de base dans leur langue maternelle ou dans leur langue de scolarité, avec pour cause et conséquence : l’exclusion.


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L’analphabétisme : une question sociale et politique ?

Pas étonnant, dans ces conditions, de retrouver la majorité de notre public dans les communes où le taux de chômage est important car, dans nos sociétés développées, l’accès à l’emploi est facilité par le niveau d’enseignement et le diplôme obtenu.

L’offre d’alphabétisation en région bruxelloise

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Mais, au-delà des questions socioéconomiques étroitement liées à l’analphabétisme, il y a un questionnement plus politique lié à la place que notre société réserve aux personnes analphabètes.
Car, avec le développement des outils numériques et le recours à lnternet, dans le monde professionnel comme dans notre quotidien, la complexité et la multiplication des écrits renforcent l’écart entre ceux qui les maîtrisent et les autres. L’OCDE fixe d’ailleurs actuellement le seuil minimum de compétences nécessaires au niveau des secondaires inférieures. Dans ces conditions, quelle place dans notre société réserve-t-on à celles et ceux qui ne satisfont pas à ces exigences ?

Pour Lire et Ecrire, l’alphabétisation est un droit

Pour Lire et Ecrire, l’alphabétisation regroupe les actions de formation à la lecture, à l’écriture, à l’expression orale, aux mathématiques, aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, en français, pour les adultes qui ne maîtrisent pas les compétences de base équivalant au niveau de la fin des études primaires.
Pour Lire et Ecrire, l’alphabétisation, c’est aussi un moyen de compréhension du monde dans lequel on évolue et un levier pour que chaque citoyen, quel que soit son niveau de compétences initiales, puisse y trouver sa place et y exercer ses droits.

La lecture et l’écriture sont des outils indispensables pour la démocratie.


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